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Bulletin de Janvier 2004

Les sociétés qui bénéficient du taux réduit sont-elles réellement fiscalement avantagées ?

La réforme de l’impôt des sociétés a fait passer le taux d’imposition à l’I. Soc de 40,17 % à 33,99 %. Il s’agit d’une diminution de l’ordre de 6,18 %.

Mais, d’après le Ministre, ce sont les PME qui sortent grandes gagnantes de cette réforme. En effet, elles qui bénéficiaient d’une taxation par tranches à taux réduit, ont vu ces taux diminuer à nouveau des suites de la réforme.

Aujourd’hui, près d’un an après l’adoption de la loi ayant entériné la réforme, l’on se rend compte que les PME n’ont parfois plus intérêt à revendiquer le statut de PME au sens fiscal du terme. Etre soumis au taux de 33,99 % et renoncer à son statut de PME s’avère en effet parfois beaucoup plus avantageux.

Pour rappel, pour bénéficier du statut de PME au sens fiscal du terme, il faut répondre aux conditions suivantes :

- ne pas avoir un revenu imposable supérieur à 323.750 € ;
- ne pas posséder de participations qui excèdent 50 % du capital de la société détenue ;
- ne pas être détenu à concurrence d’au moins 50 % par une ou plusieurs sociétés ;
- ne pas distribuer un dividende excédant 13 % du capital libéré ;
- ne pas faire partie d’un groupe comprenant un centre de coordination.


Si ces conditions peuvent être aisément rencontrées par les petites entreprises, il en est une autre qu’il faut impérativement remplir et qui risque de poser certains problèmes à l’avenir. Il s’agit de la fameuse règle du million :

- l’entreprise doit allouer une rémunération d’au moins 24.500 € (soit 1 million d’anciens francs) à au moins un dirigeant.

Là où les choses commencent à se corser, c’est que ce montant sera d’année en année revu à la hausse. Il passera de 24.500 € à 36.000 € en 2007.

Il s’agit donc d’une augmentation de 11.500 € qui sera taxable dans le chef du dirigeant à l’impôt des personnes physiques. Et lorsque l’on sait que le taux d’imposition des personnes physiques atteint très rapidement les 50 %, on se rend aisément compte du supplément d’impôt qui existera dans le chef du dirigeant.

A cet impôt s’ajouteront les additionnels communaux et surtout, les cotisations sociales d’indépendant qui viendront joyeusement alourdir la facture.

Alors, vaut-il mieux renoncer au statut de PME et voir ses bénéfices taxés à 33,99 % ou vaut-il mieux faire taxer ces 11.500 € dans le chef du dirigeant ?

L’abandon du régime de PME peut s’avérer fiscalement plus intéressant. N’hésitez pas à réaliser une simulation pour voir ce qui est le plus intéressant pour vous .




Adaptation des statuts de votre société :

Le code des sociétés a été profondément modifié il y a 3 ans, et toutes les sociétés commerciales ont jusqu’au 6 février 2004 pour adapter leurs statuts.

Ceci est certainement une opportunité afin de procéder à une révision générale de vos statuts, par exemple ; nomination démissions de gérants ou d’administrateur, rémunérations des mandats, élargissement de l’objet social, ou autres.

Quelles sont les sanctions si l’on ne procède pas à la modification ?

Tout intéressé peu demander la dissolution de la société au tribunal. Vous pourriez à ce moment toujours demander un délai de régularisation mais les frais de procédure seront vraisemblablement plus cher qu’une adaptation spontanée.

Notre conseil donc : ne dépendez pas du bon vouloir du juge mais prenez vos responsabilités et adapter vos statuts en collaboration avec votre expert-comptable.

N’hésitez pas à me contacter à ce sujet.

Prochain numéro :

Vu les récentes modifications dans le régime des pensions, telles que l’assurance groupe ou la pension libre pour indépendants, nous ferons une analyse de la situation dans notre numéro de février 2004.


Alain Cludts
Expert-Comptable

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